Chronologie des sanctions économiques contre le Venezuela (actualisé)






La chronologie qui suit nous permet de répondre à trois questions essentielles pour comprendre le blocus contre le Venezuela : « Qui impose le blocus ? A qui l’imposent-ils ? Et pourquoi ? » (1). 

A la lecture des mesures prises, la réponse à la première question saute aux yeux : ce sont les Etats-Unis, suivit par leurs vassaux latino-américains ou européens. Les faits parlent d’eux-mêmes. Cela se passe de commentaires ou d’interprétations douteuses. 

La réponse à la deuxième question coule aussi de source. Alors que certains commentateurs s’évertuent à relayer les éléments de langage de l’administration étatsunienne faisant croire qu’il ne s’agit que de sanctions ciblées sur des personnes, la lecture de ce document nous amène à une conclusion logique.  C’est bien le Peuple vénézuélien tout entier qui est visé. Ce qui est d’ailleurs explicitement revendiqué par le pouvoir des Etats-Unis

C’est d’ailleurs pourquoi nous ne mentionnons pas les sanctions contre des membres de l’Etat vénézuélien (sauf dans le secteur de l’alimentation). Démarrées en 2008, ces sanctions individuelles touchent aujourd’hui plusieurs dizaines de citoyens vénézuéliens.

Quant à la réponse à la dernière question, elle est la conséquence de la deuxième. Il y a d’abord une réponse en termes géopolitiques. Le Venezuela dispose des premières réserves de pétrole au monde, des quatrièmes réserves d’or, son sous-sol regorge de minerais (coltan, thorium, bauxite, fer) et c’est un pays riche en eau douce, en gaz et en diamants. Nous comprenons que cela ouvre l’appétit de certains prédateurs. 

Mais pourquoi donc vouloir affamer et martyriser un Peuple dans son ensemble ? Tout simplement parce que ce Peuple de combattants refuse systématiquement depuis 1998 de voir sa souveraineté piétinée par un empire au service des transnationales. Et ce Peuple à la tête dure a déjà résisté à plusieurs tentatives pour le faire revenir dans le droit chemin des intérêts des dominants. 

Le peuple vénézuélien a non seulement démontré qu’une autre voie était possible face au néolibéralisme, mais il a donné des leçons de résistance à bien d’autres peuples de par le monde. C’est donc lui qui doit désormais payer cet affront. 

Aux opinions politiciennes biaisées, il faut systématiquement opposer les faits. Toutes discussions ou débats sur le pays caribéen doit nécessairement passer par une analyse des mesures de rétorsion contre l’économie du Venezuela. 

Après, seulement après, on peut parler de l’effectivité ou pas des politiques du gouvernement de Nicolas Maduro, des options économiques, ou des conséquences sociales de la situation actuelle. 

Voici donc une chronologie sommaire des attaques financières, bancaires et économiques contre la Révolution Bolivarienne. Elle ne prend pas en compte les autres dimensions de la guerre hybride menée contre le Venezuela tels que les fronts diplomatique, militaire, médiatique, juridique ou institutionnel. 

Avant de parler de l’économie, parlons du blocus. 





14 avril 2013 : Nicolas Maduro est élu président de la République Bolivarienne du Venezuela avec 50,61% des voix. Son principal opposant, Henrique Capriles Radonski ne reconnaît pas sa défaite, et appelle ses partisans à prendre la rue. Bilan : 11 chavistes assassinés, 65 blessés. 

12 février 2014 – mai 2014 : L’opposition tente de renverser le président par la force. Bilan : 42 morts. 850 blessés. Face à l’échec de ce coup d’Etat et considérant les déroutes électorales, une stratégie économique et financière va être mise en place pour étrangler la population du Venezuela et la retourner contre le gouvernement de la Révolution Bolivarienne.

Décembre 2014: Le Congrès des Etats-Unis approuve la loi 113-278 intitulée « Loi publique de défense des droits de l’Homme et de la Société Civile au Venezuela ». Cet instrument juridique dicte la ligne d’action politique du gouvernement des Etats-Unis et de ses vassaux contre le Venezuela. La loi 113-278 établit la possibilité de prendre des mesures unilatérales coercitives contre le Venezuela dans les domaines économiques, financiers et commerciales. De plus, elle stipule de « travailler » dans ce sens avec ses partenaires membres de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et de l’Union Européenne.

Janvier 2015: L’agence étatsunienne d’évaluation des risques Moody’s dégrade le risque pays du Venezuela au niveau CCC; cette note place les bons vénézuéliens et de l’entreprise pétrolière PDVSA au bord du défaut de paiement dans une manoeuvre visant ainsi à compromettre la réputation financière internationale du pays.

Février 2015: L’agence d’évaluation Standard and Poor’s abaisse la note du risque de la dette vénézuélienne et de PDVSA à CC; cette note particulièrement négative a pour conséquence de restreindre l’accès du Venezuela aux financements internationaux.

Mars 2015: Les trois principales agences de notation du risque, Standard and Poor’s, Fitch Rating et Moody’s, lancent des alertes sur un prétendu défaut de paiement du Venezuela, ce qui ne manquerait pas d’entraîner de graves difficultés économiques.

08/03/2015 : Le président des Etats-Unis, Barack Obama, signe l’Ordre exécutif 13692 (le « décret Obama »). Ce dernier se base sur la Loi des Pouvoirs Economiques en situation d’Urgence Nationale, sur la loi d’Urgence Nationale et sur la Loi 113-278 pour déclarer le Venezuela « une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis ». Ce décret va permettre l’élaboration légale des attaques économiques que subit le Venezuela depuis cette date. 

Juin 2015: La COFACE, entité financière française, reprend les notes de Standard and Poor’s, Fitch Rating et Moody’s, qualifie le risque-pays du Venezuela comme le plus élevé d’Amérique latine et le compare à celui de pays africains actuellement en guerre, dans le but de tarir les sources d’investissements au Venezuela.

28/10/2015 : Le général John Kelly, alors Commandant de l'United States Southern Command (SouthCom), déclare que les Etats-Unis interviendront au Venezuela en cas de crise humanitaire dans ce pays. 

Avril 2016 : Le blocus financier commence. A partir de cette date, les institutions vénézuéliennes titulaires de compte bancaires à l’étranger se voient stipuler des restrictions pour la réalisation de paiement en dollars. 

Avril 2016 (bis): Dans un rapport, le FMI sonne l’alerte sur la “catastrophe économique” au Venezuela, générant ainsi des perspectives d’effondrement, d’inflation et de pénuries qui légitiment les actions de guerre économiques menées par Fedecamaras (MEDEF vénézuélien) et Consecomercio.

Mai 2016: L’Assemblée Nationale (en insubordination), majoritairement aux mains de l’opposition, vote une loi qui annule tous les contrats pétroliers, les investissements internationaux et l’émission de dette; ce faisant, elle prétend assécher toute injection d’argent frais dans l’économie du pays.

Mai 2016 (bis): La Banque Commerzbank (Allemagne) ferme les comptes de plusieurs institutions vénézuéliennes dont ceux des banques publiques vénézuéliennes et ceux de Pdvsa, l’entreprise pétrolière. 

Juillet 2016 : La banque étatsunienne Citibank interdit á son réseau d’intermédiaires bancaires du Wolfsberg Group (un conglomérat qui regroupe des banques internationales d’envergure telles que Banco Santander, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs et JP Morgan Chase) d’opérer des transactions avec les institutions vénézuéliennes, dont la Banque Centrale du Venezuela. 

Juillet 2016 (Bis): L’indice du risque pays EMBI, créé par la banque JP Morgan, situe le Venezuela avec le plus haut risque du monde (2640 points), très supérieur à celui de pays en guerre comme par exemple l’Ukraine. Mais JP Morgan a omis d’intégrer le fait qu’en 2016 l’Etat vénézuélien a pu rembourser 6 milliards de dollars de sa dette externe; la banque fait ainsi de la variable du risque-pays sans étayage économique, une arme purement politique.

Août 2016 : La fermeture unilatérale des comptes d’intermédiaires bancaires oblige le Venezuela à opérer à partir d’autres monnaies alors que la plupart des devises obtenues par la vente de Pétrole sont en dollars. Le pays subit de grosses pertes dues aux nouveaux coûts de transaction, de change et des coûts opératifs. 

Août 2016 (bis) : La Banque Novo Banco (Portugal) informe l’Etat vénézuélien qu’elle ne réalisera plus d’opération en dollars avec des banques ou des institutions vénézuéliennes, á cause de la pression exercée par ses intermédiaires bancaires.

Août 2016 (ter):  L’Assemblée Nationale (en insubordination), dominée majoritairement par l’opposition, déclare que l’octroi d’un crédit de 482,5 millions de dollars au Venezuela par le Fonds Latino Américain de Réserves est illégal.

Septembre 2016: PDVSA lance une offre d’échange (7,1 milliards de dollars en bons) afin de l’aider à alléger ses paiements. Face à cela les trois grandes agences étatsuniennes d’évaluations des risques ont cherché à effrayer les éventuels investisseurs en les menaçant de déclarer une défaillance s’ils répondaient à l’appel de l’entreprise pétrolière.

Novembre 2016: La banque JP Morgan lance une fausse alerte relative à un prétendu impayé de 404 millions de dollars de la dette par PDVSA. Le but est de susciter la crainte dans les milieux financiers et de porter préjudice à l’entreprise nationale pétrolière.

Novembre 2016 (bis): L’entreprise pétrolière étatsunienne, ConocoPhilips, intente un procès à PDVSA devant une cour de l’état du Delaware au motif de l’échange de bons. En allant sur le terrain de la Justice, le but recherché est d’effrayer les participants et au bout du compte de faire échouer l’opération.

Décembre 2016: L’entreprise Crane Currency, fournisseuse des billets de monnaie au Département étatsunien du Trésor et engagée par le Venezuela pour imprimer les espèces monétaires vénézuéliennes retarde l’envoi des nouveaux billets afin de créer inquiétude et chaos dans la population.

Janvier 2017: Le fonds d’investissement Adar Capital Partners, dont le siège est aux îles Caïman, soutient que le Venezuela ne sera pas en défaut en 2017, ce qui contredit les messages des trois grandes agences d’évaluation des risques sur l’imminence de la crise de la dette vénézuélienne.

Janvier 2017 (bis): Les banques intermédiaires bloquent des achats de semences agricoles pour un montant de 297 millions de dollars, déstructurant le Plan Nationale de Semence et l'agriculture vénézuélienne. 

Avril 2017: Depuis la présidence de l’Assemblée Nationale (en insubordination), Julio Borges, demande à plus de 20 banques internationales de cesser tout lien économique et financier avec le Venezuela, transformant le parlement un instrument de légitimation du blocus financier.

Mai 2017. La banque étatsunienne Goldman Sachs achète pour 865 millions de dollars de bons PDVSA, opération déclarée “nulle et non avenue” par l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Julio Borges, et que l’opposition majoritaire dans cette assemblée persiste à refuser car elle contrevient aux exigences qu’elle avait émises en avril.

Mai 2017. Julio Borges se réunit avec le conseiller en sécurité nationale de la Maison Blanche du moment, le général H. R. McMaster, afin de coordonner des sanctions financières et économiques contre le Venezuela.

Juin 2017: La banque espagnole Santander bloque un paiement destiné à l'achat de matériel médical chirurgical pour traiter les maladies cardio-vasculaires de l'hôpital pour enfants de Caracas. 

Juillet 2017 : L’entreprise PNC Delaware Trust Company (qui gère des portefeuilles de titres de Pdvsa) informe Pdvsa que sa banque intermédiaire (PNC Bank) n’acceptera plus de fonds de l’entreprise pétrolière. 

Juillet 2017 (bis) : La banque étatsunienne Citybank refuse de recevoir un paiement de l’Etat vénézuélien destiné à l’achat de 300.000 doses d’insuline. 

21/08/2017 : La Bank Of China basé au Panama informe le Venezuela, que suite à des pressions reçues de la part du Département du Trésor des USA ainsi que du gouvernement du Panama, elle ne réalisera plus aucune transaction en dollars de ou à destination du Venezuela. 

22/08/2017 : Plusieurs banques russes informe le Venezuela de l’impossibilité de réaliser des transactions avec des banques vénézuéliennes en raison de la restriction imposée par les banques intermédiaires des Etats-Unis et de plusieurs pays européens. 

23/08/2017 : La banque intermédiaire de l’institution bancaire BDC Shandong stoppe une transaction de la Chine vers le Venezuela d’un montant de 200 millions de dollars. Il faudra plus d’un mois pour que le Venezuela puisse récupérer cette somme d’argent. 

24/08/2017 : Donald Trump signe l’ordre exécutif 13808 intitulé « Imposition de sanctions additionnelles à propos de la situation au Venezuela ». Ce décret interdit toute une série de transactions avec l’Etat vénézuélien, et notamment avec Pdvsa, et tout autres entités détenues par l’Etat vénézuélien. Est établie une liste de restriction aux opérations financières :
  •   L’Etat vénézuélien et Pdvsa sont interdits d’émettre de nouveaux titres de leur dette 
  •    Interdiction de réaliser des transactions sur les titres émis par le gouvernement avant l’entrée en vigueur de ce décret.
  •  Le versement de dividendes ou de bénéfices au gouvernement du Venezuela de la part d’entités résidant aux USA est interdit. Cela affecte avant tout Citgo, entreprise appartenant à Pdvsa, et qui compte 3 raffineries et 6000 stations d’essence sur le territoire des Etats-Unis.
  •   L’achat de certains bons du trésor vénézuélien et de la dette vénézuélienne est interdit. 

La maison blanche déclare que cet ensemble d’interdiction a « été soigneusement pensé pour refuser à la dictature de Maduro une source non négligeable de financement »

Le décret 13808 vise à systématiser les attaques contre les entreprises publiques et les opérations commerciales et financières de l’Etat vénézuélien afin de déstructurer l’économie du pays. A ce sujet, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela et en Colombie, Wiliam Brownfield a déclaré : « La meilleure résolution est de précipiter l’effondrement du gouvernement vénézuélien même si cela implique des mois et des années de souffrance pour les vénézuéliens». 

Août 2017 : Suite à des pressions du Département du Trésor des Etats-Unis, l’entreprise Euroclear, une filiale de la banque américaine JP Morgan, congèle les opérations de transaction sur la dette souveraine du Venezuela. Euroclear retient ainsi,  depuis lors, 1 milliard 200 millions de dollars appartenant á la République Bolivarienne du Venezuela. 

Août 2017 (bis): La Bank of China de Francfort refuse d’émettre une transaction de 15 millions de dollars, due par le Venezuela à l’entreprise minière Gold Reserve.  

Août 2017 (ter): La banque helvète Crédit Suisse interdit à ses clients de procéder à des opérations financières avec le Venezuela


Août 2017 (quater): Les Etats-Unis entreprennent un embargo pétrolier non-avoué; les banques privées étatsuniennes, sous la pression du Département du Trésor, refusent d’ouvrir des lignes de crédit pour l’achat de pétrole brut vénézuélien, affectant ainsi l’apport de finances au pays. 

05/09/2017 : Le Canada et les Etats-Unis s’associent pour « adopter des mesures économiques contre le Venezuela et contre les personnes qui contribuent activement à la situation actuelle dans le pays ».

06/09/2017: La banque états-unienne Wells Fargo bloque un transfert d'argent de 1,5 millions de dollars destiné aux frais de déplacement et logistiques des athlètes olympiques vénézuéliens. 

Septembre 2017: Suite aux sanctions de l’administration Trump du mois d’août, Citgo, la filiale étatsunienne de PDVSA, commence à avoir des difficultés pour amener du brut dans ses raffineries et pour stabiliser ses opérations. Ce ne sont pas moins de 2,5 milliards de dollars que Citgo a fait entrer au Venezuela depuis 2015, et le blocus financier compromet désormais cet apport.

Octobre 2017 : La Deutsche Bank informe la banque chinoise Citic Bank de la fermeture de ses comptes chez ses intermédiaires bancaires pour avoir accepté des paiements de Pdvsa. 

Octobre 2017 (bis): Le Venezuela achète des vaccins et des médicaments á l’Organisation Panaméricaine de la Santé, filiale de l’Organisation Mondiale de la Santé, et donc sous l’égide de l’ONU. 
En vertu de l'extraterritorialité des lois états-uniennes, la banque suisse UBS rejettera le paiement, provoquant un retard de 4 mois dans la livraison des vaccins et déstructurant complètement le système public de vaccination gratuite du ministère de la santé vénézuélien.

11/10/2017: L’entreprise PBF Energy, cinquième plus grande importatrice états-unienne de pétrole du Venezuela s’est vue contrainte d’abandonner ses relations économiques bilatérales sous la menace de sanctions.

20/10/2017La pétrolière états-unienne NuStar Energy interdit à PDVSA d’utiliser un terminal de stockage pétrolier situé dans les Caraïbes. 

03/11/2017 : Le président Maduro annonce que le Venezuela a remboursé plus de 74 milliards de dollars à ses créanciers sur les quatre dernières années. Malgré cela, les agences de notations font augmenter le risque-pays du Venezuela, rendant plus difficile l’obtention de crédits sur les marchés financiers. Le comité des Amériques de l’Association Internationale des Swaps et Dérivés (ISDA, pour les sigles en anglais) déclare le Venezuela en défaut de paiement, malgré les remboursements. Par cette manoeuvre on essaie d’entrouvrir la porte à une confiscation des biens et avoirs se PDVSA.

Malgré la volonté vénézuélienne d’honorer ses engagements internationaux en assurant depuis 3 ans maintenant le remboursement des échéances de dette en temps et en heure, la banque JP Morgan augmente à nouveau le risque pays du Venezuela, qui passe ainsi à 2989 points, le chiffre le plus haut depuis 2014 où il se situait à 1458 points.

09/11/2017 : Les Etats-Unis sanctionnent un groupe de fonctionnaires vénézuéliens au motif de « piétiner la démocratie et administrer les programmes gouvernementaux corrompus de distribution d’aliments ». Les fonctionnaires responsables de l’importation d’aliments dans le pays ne peuvent plus signer d’accord commerciaux favorisant la politique alimentaire du gouvernement. 

13/11/2017 : L’Union européenne interdit la vente de matériel de défense ou de sécurité intérieure au Venezuela. 

14/11/2017 : L’agence de notation Standard and Poor’s déclare un « défaut partielle » du Venezuela malgré les paiements réguliers de la dette par le Venezuela. 

14/11/2017 (bis): La banque hollandaise Rabobank bloque les transferts d'argent de la chaine de télévision multi-étatique Telesur. 

15/11/2017 : La Deutsche Bank, principal intermédiaire de la Banque Centrale du Venezuela ferme définitivement les comptes de cette institution, mettant en danger toutes ses opérations bancaires. 

Novembre 2017 : Le Venezuela achète des médicaments anti-malaria (primaquine et cloroquine) au laboratoire colombien BSN Medical. Le gouvernement de Colombie empêche la livraison sans aucune justification. 

Novembre 2017 (bis): Les transnationales pharmaceutiques Baster, Abbot, et Pfizer refusent d’émettre des certificats d'exportation à destination du Venezuela, rendant impossible l'achat de médicaments produits par ces entreprises, notamment dans le domaine oncologique.

Novembre 2017 (ter): Les banques intermédiaires refusent plusieurs transactions du Venezuela à hauteur de 39 millions de dollars. Cette somme était destinée à 23 opérations d’achats alimentaires pour les fêtes de fin d’année. 

Novembre 2017 (quater): L’agence d’évaluation des risques Standard and Poor’s déclare le Venezuela en “défaillance sélective”: le pays n’ayant pas pu honorer un remboursement en raison des limitations imposées par le système financier étatsunien aux transactions financières vénézuéliennes. 

Novembre 2017 (quinquies): Le gestionnaire étatsunien de bons Wilminton Trust accuse l’entreprise électrique d’état, Corpoelec, de ne pas avoir honoré le paiement des intérêts de la dette à hauteur de 27 millions de dollars, et ce au moment même où le pays doit affronter un blocage total des moyens de paiement dans le système financier étatsunien.

Décembre 2017: Aux mois de novembre et décembre, le Ministère vénézuélien des transports a constaté que 471 000 pneus achetés à l’étranger n’ont pas pu être expédiés en raison du blocus financier.

24/12/2017: Le gouvernement de Colombie interdit l'envoi de 1700 tonnes de viande de porc pourtant acheté par le Venezuela pour les repas traditionnels des fêtes de fin d'années de la population. 

29/01/2018 : Le département du Trésor des Etats-Unis affirme « la campagne de pression contre le Venezuela porte ses fruits. Les sanctions financières que nous avons imposé ont obligé le gouvernement de ce pays à commencer à entrer en défaut de paiement, tant pour sa dette souveraine comme pour celle de Pdvsa. Et nous pouvons assister (…) à un effondrement économique total du Venezuela. Donc notre politique fonctionne, notre stratégie fonctionne et nous la maintiendrons. » 

Janvier 2018: quelques mois à peine du lancement de la crypto-monnaie vénézuélienne, le Petro, l’Assemblée Nationale (en insubordination) dominée par l’opposition signe un accord qui criminalise cette initiative et déclare sa nullité, confirmant ainsi sa volonté et son intérêt de tarir les sources de financement du pays.


Janvier 2018 (bis): 11 bons vénézuéliens et de PDVSA, d’un montant de 1,241 milliards de dollars, n’ont pu être payés en raison des sanctions financières.

12/02/2018 : Le département du Trésor des Etats-Unis élargit les sanctions financières contre le Venezuela et les entreprises vénézuéliennes. La renégociation et la restructuration de la dette vénézuélienne et de celle de Pdvsa émises avant le 25 aout 2017 sont interdites. 

23/02/2018: La banque HSBC bloque un transfert de 356.000 dollars à l'entreprise Giesecke and Devriant American Inc destiné à l'achat de papier pour émettre de la monnaie. 

Mars 2018 : 15 boxeurs vénézuéliens n'ont pas pu participer aux qualifications pour les Jeux d'Amérique Centrale et des Caraïbes 2018 parce qu'ils n'ont pas pu arriver à un accord avec les agences qui ont mis diverses limites parmi lesquelles le prix du billet qui est passé de 300 à 2 100 dollars par personne quand l'entreprise a appris qu'il s'agissait du transport de la Fédération Vénézuélienne de Boxe. 
Lorsque, ensuite, une compagnie privée a proposé un vol charter pour transporter l'équipe, la Colombie et le Panamá n'ont pas autorisé le survol de leurs espaces aériens et le Mexique a fait la même chose.

02/03/2018 : Les Etats-Unis renouvellent, pour un an, les décrets 13692 (Obama) et 13808 (Trump). Le décret 13808 impose six nouvelles mesures coercitives pour attaquer la stabilité financière du Venezuela. Le Bureau des Crimes Financiers des Etats-Unis (FinCEN) alerte les institutions financières mondiales que les transactions avec des entités publiques vénézuéliennes sont suspectées de corruption. Cette accusation sans fondement ni preuve a pour conséquence de freiner le paiement à des entreprises d’alimentation et à des laboratoires pharmaceutiques, rendant difficile l’importation de ces biens. De même, cela aura pour conséquence le gel d’1 milliard 650 millions de dollars appartenant à l’Etat vénézuélien. 

19/03/2018 : Le président Trump signe l’ordre exécutif 13827 qui interdit à tout citoyens et institutions d’effectuer des transactions financières avec la cryptomonnaie vénézuélienne « Petro » avant même que celle-ci puisse se négocier sur les marchés de cryptomonnaie. Cette décision est la première du genre dans la courte histoire des cryptomonnaies. 

27/03/2018 : Le gouvernement du Panama publie une liste de seize entreprises vénézuéliennes suspectées sans preuve de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. 

28/03/2018 : Le Conseil fédéral de la Confédération suisse ordonne des sanctions, très similaires à celles des États-Unis et de l’Union Européenne, contre le Venezuela, rompant ainsi avec sa tradition de neutralité.

19/04/2018 : Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor des USA se réunit avec des représentants d’Allemagne, d’Argentine, du Brésil, du Canada, de Colombie, d’Espagne, de France, du Guatemala, d’Italie, du Japon, du Mexique, du Panama, du Paraguay, du Pérou, et du Royaume Uni pour leur demander des « actions concrètes afin de restreindre la capacité des fonctionnaires vénézuéliens corrompus et de leurs réseaux de soutien ». Il affirmera que le Président Nicolas Maduro ne possède aucune légitimité pour demander des crédits au nom de son pays. L’objectif est d’assécher financièrement le Venezuela. 

Avril 2018: Les Etats-Unis et la Colombie créent un groupe d’intelligence financière en vue de bloquer l’importation d’aliments et de médicaments: ceci confirme que l’on est entré dans la phase d’internationalisation de l’asphyxie financière promu par le décret exécutif du 25 août 2017.

Avril 2018 (bis): Un paiement destiné à l'entreprise Import & Export Comercialización ltd est bloqué par la banque Northern Trust International Banking Corp. Il état destiné à l'achat de matériel pour l'aéronautique civil.  

Mai 2018 : 9 millions de dollars de l'Etat vénézuélien sont congelés. Ils étaient destinés au traitement de la dialyse. 20.000 patients en seront privés. 

Mai 2018 (bis) : La banque italienne Intensa Sanpaolo bloque l'argent destiné à la mise en place du pavillon du Venezuela à la XVI° Biennale d'Architecture de Venise.

Mai 2018 (ter): Sollicitant l’arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale, pour la résolution d’un litige estimé à 2,40 milliards de dollars, l’entreprise pétrolière ConocoPhilips entreprend le blocage d’une série de biens et d’avoirs de PDVSA; cette manoeuvre fragilise l’entreprise d’état vénézuélienne quant à ses positions internationales et affaiblit d’autant les rentrées d’argent dues à la vente de brut.

Mai 2018 (quater): Parallèlement à l’embargo engagé illégalement par ConocoPhilips, l’entreprise minière canadienne Rusoro dépose plainte pour chercher à se faire payer en actifs de Citgo et se PDVSA la somme de 1,20 milliards de dollars qu’elle s’était vu octroyer après un arbitrage.

Mai 2018 (sexies)Le gouvernement colombien bloque 400 000 kilos d’aliments destinés à renforcer le programme CLAP (qui permet à plus de 6 millions de familles réparties sur le territoire national de s’alimenter).

10 mai 2018L’entreprise de sous-traitance canadienne SNC-Lavalin intente une procédure à l’encontre de PDVSA auprès d’un tribunal de New-York, pour un prétendu non paiement de dette d’un montant de 25 millions de dollars. C’est la première demande officielle de défaillance contre le Venezuela; preuve s’il en est que le grand capital global ne recule devant rien pour bloquer le pays, l’affaiblir et s’emparer de force de ses ressources.

20 mai 2018: Le gouvernement mexicain lance une enquête contre un groupe d'investisseurs vénézuéliens pour réaliser des exportations vers le pays bolivarien. 

21/05/2018 : En raison de la réélection de Nicolas Maduro à la présidence, Donald Trump renforce les sanctions. Il sera désormais interdit à tous citoyens et entreprises des Etats-Unis d’acquérir des propriétés appartenant au gouvernement du Venezuela sur le territoire des Etats-Unis. 

25/06/2018 : Le Conseil européen adopte la décision 2018/901 sanctionnant des membres de l’administration vénézuélienne dont ceux opérant dans le secteur de l’alimentation. Cette mesure fait écho à celle prise un an plus tôt par les Etats-Unis (le 9 novembre 2017) afin de rendre impossible l’achat d’aliments par le gouvernement vénézuélien. 

Juillet 2018: L’OFAC, bureau du Département du Trésor étatsunien, fait une exception avec le petrobon PDVSA 2020: des transactions financières liées à cet instrument financier pourront être réalisées. C’est le seul dont la garantie comprend 50% des actions de la CITGO Petroleum Corporation, filiale de PDVSA aux Etats-Unis. La dérogation à la sanction sur ce bon consiste en ce que ses détenteurs pourront réclamer la garantie au cas ou PDVSA serait en défaut de paiement.

Août 2018: Le gouvernement de la République fédérative du Brésil admet qu’en raison du blocus économique mis en place par les Etats-Unis et l’Union Européenne contre le Venezuela, il n’a pas pu honorer la dette de 40 millions de dollars qu’il a contractée envers la Corporación Eléctrica Nacional (Corpoelec) qui fournit en électricité l’état brésilien limitrophe de Roraima.

Août 2018 (bis): Le Venezuela doit affronter des difficultés pour acheter des doses d'insulines. Citibank refuse de recevoir des fonds provenant de l'Etat vénézuélien. 

09/08/2018: La cour de justice étasunienne de Wilmington, situé dans le Delaware, rend son jugement qui opposait l'entreprise minière canadienne Crystallex International Corp et l'Etat vénézuélien. L'entreprise minière accusait le Venezuela de l'avoir spolié et réclame 1,4 milliards de dollars de préjudice. En tranchant que "Citgo et l'Etat vénézuélien sont une seule et même entité", la cour du Delaware autorise de fait Crystallex a s'approprié l'entreprise Citgo, filiale de Pdvsa aux USA. L'avocat de Crystallex était le vénézuélien José Ignacio Hernandez. L'Etat vénézuélien qui dénonce un montage judiciaire politique fait appel.  

25/09/2018: La OFAC sanctionne 5 entreprises privées pour avoir commercé avec le gouvernement vénézuélien. 

Octobre 2018: La banque suisse Hyposwiss Private Bank empêche le paiement par le Venezuela de 15,9 millions d'euros destiné à l'un achat de 90.000 tonnes d'aliments destinés aux bêtes d'élevage. 

Octobre 2018 (bis): Une transaction de 12 millions de dollars destinée à acheter des kits de dialyse sont bloqués par le système financier international. 

Octobre 2018 (ter): 1,6 millions d'euros destinés à la délégation des athlètes vénézuéliens pour participer aux jeux olympiques de la jeunesse est bloqué par les banques.  

Octobre 2018 (quater): Une transaction de 104 millions de dollars destinée à l'achat d'aliments pour le système de distribution public CLAP est bloqué par les banques. 

01/11/2018 : Le président Trump signe un nouveau décret autorisant le Département du Trésor à confisquer des propriétés à des opérateurs du secteur aurifère au Venezuela, sans que des accusations pénales ou civiles soient nécessaires. Le but recherché est d’empêcher la récupération par l’Etat vénézuélien du bassin minier de l’Orénoque, 4eréserve d’or au monde. 
Le Secrétaire adjoint du Trésor des Etats Unis, Marshall Billingslea dans un cynisme absolu, déclarera à ce sujet : « Nous devrions manifester plus d’indignation face aux dommages infligés à l’environnement et aux populations indigènes ». 

09/11/2018: La Banque Centrale du Royaume Uni refuse de restituer au Venezuela 14 tonnes d'or appartenant à ce pays. Il s'agit ni plus ni moins d'une spoliation d'une valeur de 1,2 milliards de dollars. 

13/12/2018: L'entreprise étasunienne de fabrication de pneus Goodyear ferme les portes de son usine au Venezuela. Motif invoqué par la direction de cette entreprise privée: "les sanctions des Etats-Unis qui rendent la poursuite de l'activité impossible".  

04/01/2019: Les gouvernements du groupe de Lima  à l'exception notable du Mexique (Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Guyana, Honduras, Panama, Paraguay, Pérou et Sainte Lucie) adoptent une résolution pour renforcer le blocus. Le texte adopté prévoit d'établir des listes de personnalités juridiques avec lesquels ces pays "ne devront pas travailler, devront empêcher l'accès à leur système financier, et si nécessaire congeler leurs actifs et ressources économiques". De même, la résolution oblige les pays membres du groupe de Lima à travailler auprès des organismes financiers internationaux auxquels ils appartiennent pour empêcher l'octroi de nouveaux crédits á la République Bolivarienne du Venezuela.

08/01/2019: Le département du trésor des Etats-unis bloque les actifs de 24 compagnies privées en raison de leurs échanges avec le gouvernement vénézuélien. 

08/01/2019 (bis): L'Assemblée Nationale (en outrage judiciaire), dominé par l'opposition, déclare comme nul les contrats souscrits par Pdvsa avec des compagnies étrangères de services pétroliers. Le but recherché est d'empêcher l'entreprise publique d'augmenter la production de barils. 

De plus, elle approuve la création d'un fond de reserve  basé à l'étranger provenant des ressources venezuéliennes venant de la corruption. Immédiatement salué par le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, cette mesure est le prélude au gel des avoirs et de l'argent vénézuéliens placé à l'étranger, comme ce fut le cas pour la Libye de Mouammar Khaddafi. 

25/01/2019: Suite à la tentative de coup d'Etat et à l'usurpation de pouvoir de Juan Guaido, le département du Trésor des Etats-Unis déclare que ce pays "utilisera ses outils économiques et diplomatiques pour s’assurer que les transactions commerciales du gouvernement vénézuélien, y compris celles impliquant ses entreprises publiques et ses réserves internationales, soient compatibles avec la reconnaissance de Juan Guaido comme président intérimaire du Venezuela". Cette manoeuvre vise à voler les ressources du pays sous couvert de soutenir le pouvoir factice que l'opposition s'est octroyé. 

Sur pression des Etats-Unis, la Banque d'Angleterre réitère son refus de restituer au Venezuela, 1,2 milliards de dollars en or. Cela s'inscrit dans la stratégie de gel des actifs de la Nation caribéenne, décidé à Washington et approuvé par l'Assemblée Nationale du Venezuela (à majorité d'opposition et en outrage judiciaire). 

26/01/2019: En marge de la réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU traitant du thème du Venezuela, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a demandé a ses alliés de "déconnecter le Venezuela de leurs systèmes financiers" ainsi que de dévier les actif du pays vers le gouvernement parallèle et illégitime de Juan Guaido. Le pillage des actifs du pays est en marche.

28/01/2019: Les Etats-Unis annonce un gel des actifs de Pdvsa pour un montant de 7 milliards de dollars. 

De manière totalement illégale, l'Assemblée Nationale -en outrage judiciaire- nomme un nouveau conseil d'administration de l'entreprise publique Pdvsa et de sa filière Citgo. Les transactions de cette entreprise vénézuélienne présente sur le territoire des Etats-Unis iront sur un compte bloqué, annonce le département du trésor des USA. 

Conformément à la résolution de l'Assemblée Nationale (en outrage judiciaire) du 8 janvier 2019, Juan Guaido annonce le gel de tous les actifs de son pays à l'étranger. Tous les pays le reconnaissant comme "président par intérim" obtiennent un blanc-seing pour piller le patrimoine vénézuélien. 

01/02/2019: Le département du Trésor exige des compagnies étrangères qui commercent avec Pdvsa d'arrêter d'utiliser le système financier ou des intermédiaires états-uniens sous peine d'être lourdement sanctionné à leur tour. Ces entreprises bénéficient d'un laps de temps courant jusqu'au 28 avril 2019 pour réorganiser leurs activités et ne plus acheter du pétrole vénézuélien ou ses dérivés.  

12/02/2019: Dans un tweet, le conseiller à la sécurité des Etats-Unis menace "les nations et les entreprises" qui continuent de commercer avec le Venezuela. "Elles ne seront pas oubliées. Les Etats-Unis continueront d'exercer tout leur pouvoir pour préserver les biens du peuple vénézuélien". Dans la novlangue trumpienne, il s'agit bien entendu de continuer à bloquer l'économie vénézuélienne et à congeler ses avoirs. Principal pays visé par ce tweet: l'Inde. La veille, le gouvernement de ce pays s'est réunit avec le ministre du pétrole vénézuélien, Manuel Quevedo, pour signer des achats de brut. 

13/02/2019: La compagnie aérienne espagnole Iberia refuse d'acheminer au Venezuela 200.000 boites de médicaments destinées à soigner les maladies chroniques. Ces médicaments avaient été achetés par un entrepreneur privé en Iran et avaient transité via le Qatar. Ils étaient destinés aux hôpitaux publics vénézuéliens.

01/03/2019: Depuis Asunción, la capitale du Paraguay, Juan Guaido "autorise" ce pays à ne pas rembourser la dette de 340 millions de dollars que le Paraguay devait à Pdvsa. Le pillage de l'Etat vénézuélien continue. 

10/03/2019: Le département du Trésor des États-Unis annonce que les actifs volés par les Etats-Unis á Pdvsa et Citgo avec la complicité de Juan Guaido et de l'opposition vénézuélienne serviront á rembourser les tenants de bons de la dette du Venezuela et de Pdvsa. Le discours de Guaido, comme quoi cet argent devait servir á la "reconstruction du Venezuela" vole en éclats. L'argent volé ira dans les poches de multimillonaires et d'institutions financieres internationales. 

11/03/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne la banque vénézolana-sino-russe Evrofinance Mosnarbank pour ses transactions financières avec Pdvsa et son activité pour developper la crypto monnaie publique Petro. A ce sujet, le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin déclarera "les Etats-Unis sanctionneront toutes les institutions financières qui soutienne le régime de Maduro".

13/03/2019: A cause des sanctions du département du Trésor, les entreprises étasuniennes qui fournissaient le diluant naphta, indispensable pour mélanger le pétrole extra lourd vénézuélien, n'exporte plus à Pdvsa. L'entreprise indienne, Reliance Industries Ltd, refuse elle aussi d'exporter du naphta. Ce même jour, un attentat vise trois cuves de diluant naphta qui parte en fumée, dans le complexe pétrolier de Pdvsa, Petro San Felix, situé dans l'Etat d'Anzoategui. 





16/03/2019: La Banque Interaméricaine de Développement (BID) -un de principal organisme de financement en Amérique Latine- désigne l'envoyé de Guaido (Ricardo Haussman, un économiste ultra-libéral vivant aux Etats-Unis) comme représentant du Venezuela au sein du BID. Par ce fait, le Venezuela et son gouvernement légitime sont exclus des sources de financement de cet organisme.


19/03/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne la Compagnie Générale Minière du Venezuela (Minerven). Cette entreprise publique est l'entité rectrice de l'exploitation minière dans le pays. Rappelons que le Venezuela est la 4e réserve d'or au monde, et son sous sol regorge de minerais en tout genre (Thaurium, Coltan, Bauxite, Fer).

22/03/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne la Banque Nationale de Développement social et économique (Bandes), et ses filiales en Uruguay et en Bolivie. Entité financière publique vénézuélienne, Bandes est chargé de transformer la structure économique rentière du pays en investissant dans des projets productifs. De la même manière, les banques publiques Banco de Venezuela (ex Banque Santander, racheté en 2009 par le gouvernement d'Hugo Chavez pour 1,05 milliard de dollars) et Banco Bicentenario sont aussi sanctionnées. Cette dernière finance des micros crédits destinés aux projets lancés par des femmes, ainsi que pour les communes. Ce sont ces banques publiques qui paient les salaires des fonctionnaires. 

23/03/2019: A propos des sanctions et des rétorsions à l'économie vénézuélienne mises en place par les Etats-Unis, le conseiller à la sécurité du gouvernement des USA, John Bolton, déclare "Ce que nous faisons, c'est comme lorsque Darth Vader, dans La Guerre des Étoiles, étrangle lentement quelqu'un. C'est exactement ce que nous sommes en train de faire économiquement" avec le Venezuela. 

Mars 2019: Le gouvernement argentin lance une attaque financière contre Petrolera del Cono Sur, une filiale de Pdvsa en Argentine. Les comptes de l'entreprise sont gelés, ses actifs volés. 

Mars 2019 (bis): L'Assemblée nationale nomme un conseil d'administration fantoche de Monomeros colombo Venezolanos S.A, filiale de l'entreprise de pétrochimie publique Pequiven, établit en Colombie. Dans la pratique, il s'agit du vol d'une entreprise appartenant à l'Etat vénézuélien. Le président légal et légitime de cette entreprise, Ronald Ramirez, est expulsé par le gouvernement colombien vers le Venezuela. 

28/03/2019: Le gouvernement des Etats-Unis menace les entreprises de négoce, de courtage ainsi que les raffineries pour que celles-ci réduisent à néant leurs échanges avec le Venezuela sous peine d'être sanctionné par le Département du Trésor. Un porte-parole du Département d'Etat, cité par Reuters, déclare: "Nous sommes en train d'informer toutes les compagnies du secteur de l'énergie des risques qu'elles encourent si elles travaillent avec Pdvsa". 

31/03/2019: Lors d'une conférence de presse, le criminel de guerre (condamné), et envoyé spécial des Etats-Unis pour le Venezuela, Elliot Abrams, déclare: "Alors que nous imposons des sanctions, que fait le régime de Maduro? Il cherche des moyens pour les contourner et pour trouver de nouveaux clients, et de nouvelles sources pour importer des produits. Donc que faisons nous ? Nous observons qui fait quoi (...) et nous disons aux armateurs, aux raffineries et aux gouvernements: ne faites pas ça". 

06/04/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne 3 entreprises privées d'armateurs qui prêtaient leurs services au transport de pétrole vénézuélien. De même, il sanctionne 34 navires pétroliers appartenant à Pdvsa. Les bateaux ne pourront plus desservir les ports des Etats-Unis ou de ses alliés. 

11/04/2019: Depuis Madrid, l'envoyé spécial des USA pour le Venezuela, le criminel de guerre Elliot Abrams, menace l'entreprise pétrolière espagnole Repsol si celle-ci continue ses échanges pétroliers avec le Venezuela. 

12/04/2019: La banque JP Morgan Chase place les titres de la dette du Venezuela (emprunt souverain et dette de Pdvsa) "sous surveillance" jusqu'en juin 2019, et informe d'un possible retrait de la dette vénézuélienne de son indice de référence EMBIG Diversified. Les sanctions étasuniennes ont fortement perturbé les opérations sur la dette vénézuélienne, ce qui normalement devrait entrainer JP Morgan à faire sortir la dette du Venezuela de ses indices. Mais les créanciers (entre autres Greylock Capital y Goldman Sachs Group Inc. qui ont, d'ors et déjà, exprimé leurs craintes au département du Trésor) craignent qu'une sortie de la dette vénézuélienne des indices de JP Morgan n'aboutissent à une dévaluation extrême de la valeur de leurs titres, qu'ils ne pourraient revendre que pour une bouchée de pain à des fonds vautours. 

De manière générale, la dégradation de la note du Venezuela par les agences financières est responsable de la perte de 1,4 milliard de dollars pour le pays. 

13/04/2019Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne 4 autres entreprises privées d'armateurs qui prêtaient leurs services au transport de pétrole vénézuélien. De plus, il sanctionne 9 navires pétroliers appartenant à ces compagnies privées. 

14/04/2019: Dans un communiqué, le gouvernement du Venezuela dénonce que les sanctions étasuniennes contre Pdvsa empêchent l'entreprise pétrolière de financer directement certains traitements contre le cancer, le sida, la maladie de Parkinson, l'épilepsie ou encore des opérations  chirurgicales. Cela concerne près de 500.000 vénézuéliens dont plusieurs centaines à l'étranger. 

17/04/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne la Banque Centrale du Venezuela, lui interdisant d'émettre de nouveaux bons de la dette, d'utiliser des fonds pour importer des denrées alimentaires, des médicaments, du matériel agricole et des engrais, et de réaliser des opérations via des banques intermédiaires. Selon Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor des USA, cette opération vise à empêcher que "le régime de Maduro utilise la Banque Centrale du Venezuela ". 

18/04/2019: La banque portugaise Novo Banco refuse, en toute illégalité, de restituer 1 milliard 726 millions de dollars appartenant à la République Bolivarienne du Venezuela. 

24/04/2019: Le président Nicolas Maduro dénonce un endettement illégal contracté par l'entreprise Citgo, filiale de Pdvsa désormais aux mains des Etats-Unis et d'un "conseil d'administration" fantoche nommé par Juan Guaido. Cet endettement illégal de 1 milliard 300 millions de dollars servirait à payer des porteurs de bons de la dette de Pdvsa, ainsi qu'á financer les politiciens d'opposition. Bien évidemment, la dette devra être remboursée par le Venezuela. 

26/04/2019: Lors d'une conférence de presse à l'ONU visant à exposer le blocus criminel contre le Venezuela, le ministre des affaires étrangères, Jorge Arreaza, révèle que plusieurs institutions financières retiennent illégalement plusieurs milliards de dollars appartenant à la République Bolivarienne du Venezuela. En plus de celles qui figurent déjà dans cette chronologie, le ministre vénézuélien informe que Clearstream London refuse de restituer 453 millions d'euros, North Capital 238 millions d'euros et Sumitomo 415 millions d'euros.  

28/04/2019: L'embargo total sur le pétrole vénézuélien et l'interdiction de passer par le système financier étasunien pour faire du commerce avec le Venezuela, que les USA ont imposé le 1er février 2019 en laissant un laps de temps aux entreprises pour se réorganiser, s'applique désormais sans aucune exception. 

30/04/2019: A 5h45 du matin (heure de Caracas et Washington), le Venezuela se réveille face à une tentative de coup d'Etat militaire. A 8h58, le département du Trésor des Etats-Unis publie un communiqué déclarant que le but des sanctions est que les personnes visées ou responsables des organismes publics sanctionnés "changent de comportement" et soutiennent Guaido. Ce communiqué est une invitation à l'insubordination et au coup d'Etat, 3 heures à peine après un soulèvement militaire que le gouvernement du président Maduro parviendra à contrôler assez rapidement. La face économique de la guerre que livrent les Etats-Unis contre le Venezuela rejoint ici ses objectifs militaires. 

10/05/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne 2 autres entreprises privées d'armateurs qui prêtaient leurs services au transport de pétrole vénézuélien, et 2 navires pétroliers appartenant à ces compagnies privées.  
Selon un rapport du Département d'État des USA, 23 navires pétroliers sont actuellement chargés mais à l'arrêt dans les eaux vénézuéliennes faute de trouver des acheteurs. Ce qui obligerait Pdvsa à vendre son brut avec des réductions allant jusqu'á 25%. 

15/05/2019: Le département des transports des Etats-Unis les vols aériens entre les Etats-Unis et le Venezuela.
  17/05/2019: Selon S&P Global, entité spécialisée dans l'analyse des marchés de l'énergie, "les sanctions des Etats-Unis ont augmenté les coûts du transport, la disponibilité de navires pétroliers ainsi que le coût final des produits, mettant ainsi Pdvsa dans une position de négociation défavorable". 

19/05/2019: Lors d'une interview, Freddy Bernal, directeur du système CLAP, qui permet à 6.000.000 de familles de recevoir une caisse de 17 kilos d'aliments, déclare: "Les USA ont sanctionné 10 des 12 compagnies navales qui transportent les aliments au Venezuela. Ce qui occasionne des retards dans les livraisons. Les produits qui arrivaient avant en un mois, arrivent maintenant en trois mois". 

21/05/2019: Selon Reuters, le département d'Etat, le département du Trésor, et le Conseil de Sécurité des Etats-Unis sont en train de planifier une stratégie pour empêcher le Venezuela d'acquérir des aliments pour sa population sur le marché international. 

29/05/2019: Conformément à la résolution du groupe de Lima du 4 janvier 2019, l'Argentine et le Chili établissent un protocole bilatéral afin de geler des actifs du Venezuela, partager le renseignement financier concernant le Venezuela entre les deux nations, empêcher les transactions financières et commerciales du Venezuela dans les deux nations, et pouvoir juger des vénézuéliens ou des intermédiaires qui font commerce avec le pays Bolivarien. 

11/06/2019: En raison des sanctions qui affectent le Venezuela, le conglomérat étasunien 3M (Scotch, Post It, mais aussi actif dans le domaine de l'industrie, de la santé, de l'énergie et de l'électronique) décide de fermer et de quitter le pays. 

16/06/2019: Les biens de Alejandro Andrade, un homme d'affaire vénézuélien recherché par la justice de son pays pour corruption et qui avait fuit aux USA, sont saisis par la justice de ce pays. En plein scandale de corruption impliquant l'entourage de Juan Guaido, les USA décident tout de même de reverser la valeur des biens du délinquant vénézuélien au Gang de Guaido. 

18/06/2019: Le représentant de Guaido aux USA, Carlos Vecchio, est accusé d'avoir détourné 70 millions de dollars des comptes de Citgo, la filiale de Pdvsa aux USA, volée à la nation vénézuélienne le 28 janvier 2019 par les Etats-Unis. 

03/07/2019: Le département d'Etat des Etats-Unis sanctionne 8 navires pétroliers ou de transports de produits chimiques qui commerçait avec le Venezuela. Il sanctionne aussi l'entreprise Cubametales en l'accusant d'essayer de détourner le blocus contre le Venezuela. 

05/07/2019: L'entreprise de porte conteneurs française CMA CGM décide de facturer une surcharge de couverture de risque supplémentaire pour l'import et l'export depuis/vers le Venezuela. Ce qui ne manquera pas d'augmenter les coûts d'importation de marchandises au Venezuela. 

07/07/2019: Dans une interview au Financial Times, Thomas Shannon (ex Secrétaire d'Etat adjoint des Etats-Unis en 2017)  compare le blocus des Etats-Unis contre le Venezuela "aux bombardements des alliés contre Dresde ou Tokyo. en 1945". Le haut diplomate des USA ajoute que les sanctions "détruisent le Venezuela comme pays et comme société, et causent un énorme dommage au Peuple vénézuélien. C'est incroyable que certaines personnes puissent le nier". Ce faisant, il prend à rebours les déclarations de l'opposition vénézuélienne (et de ses relais médiatiques internationaux) qui affirmait que le blocus ne visait que le président Maduro, son entourage, et de hauts fonctionnaires. 

11/07/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne la Direction Générale du Contre-renseignement militaire (DGCIM, par ses sigles en espagnols). Cette sanction vise a exercé une pression sur tous les membres de cette institution publique pour se retourner contre le gouvernement légitime du président Nicolas Maduro. 

15/07/2019: Les Etats-Unis dévient 41,9 millions de dollars, initialement destiné à financer des projets au Honduras et au Guatemala vers le Venezuela. Cet argent servira à financer l'opposition afin de renverser Maduro, malgré les accusations de corruption contre le Gang de Guaido. Pendant ce temps, le blocus contre le Venezuela et son Peuple se maintient. 

16/07/2019: L'Union Européenne menace le Venezuela d'appliquer de nouvelles batteries de sanctions contre le Peuple de ce pays si le dialogue entre l'opposition et le gouvernement (qui se déroule sous l'auspice de la Norvège) n'amène pas des résultats immédiats. Ce chantage infâme vise à infléchir la position du gouvernement légitime du Venezuela dans les négociations avec une partie de l'opposition. Il s'agit ni plus ni moins d'une ingérence dans les affaires d'un pays souverain. 

16/07/2019 (bis): Comme l'avait dénoncé le président Maduro le 24 avril 2019, le Conseil d'administration fantoche de Citgo, la filiale de l'entreprise pétrolière PDVSA aux USA, nommé de manière illégale par Juan Guaido, décide d'endetter cette entreprise publique de 1,37 milliards de dollars. L'opération, hautement illégale, pose la question du remboursement, et avec lui de la violence déchainée contre le Venezuela. 

17/07/2019: L'Assemblée Nationale, en outrage judiciaire et dont les décisions continuent d'être nulles et non avenues, décide de manière totalement illégale de nommer un nouveau conseil d'administration de la Banque Centrale Vénézuélienne. Le but de cette manoeuvre illégale est d'essayer que l'opposition vénézuélienne puisse disposer des actifs de la République, gelés dans les banques internationales. Ces actifs sont estimés à 5 milliards de dollars. Les tentatives de piller le pays continuent. 

23/07/2019: Dans une interview à l'agence EFE, Mauricio Claver-Carone responsable de l'Amérique Latine à la Maison Blanche déclare que le président Maduro doit abandonner le pouvoir très prochainement s'il ne veut pas affronter la justice internationale ainsi que de nouvelles sanctions contre le Venezuela. 

25/07/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis sanctionne 13 entreprises privées qui importaient des aliments au Venezuela, ainsi que plusieurs entrepreneurs vénézuéliens et colombiens qui vendaient de la nourriture au Venezuela. Il est devenu primordial pour les USA d'affamer  par tous les moyens le peuple vénézuélien.

26/07/2019: Le département du Trésor des Etats-Unis renouvelle la licence de 5 compagnies pétrolières (ou de services pétroliers) pour opérer au Venezuela. Il s'agit là d'une exception faite à l'embargo sur le pétrole vénézuélien, décidé par les Etats-Unis le 26 janvier 2019 et appliqué depuis le 28 avril 2019. Bien entendu, l'exemption de sanctions ne concerne que des compagnies états-uniennes. Toutes les autres entreprises pétrolières dans le monde seront sanctionnées si elles continuent de travailler avec le Venezuela. Les entreprises exemptées de sanctions sont: Chevron, Halliburton, Schlumberger, Baker Hughes (General Electric) et Weatherford International. Pour rappel, la compagnie pétrolière française Total s'est vu bloqué ses comptes en février 2019 suite aux sanctions étasuniennes. Son PDG, Patrick Pouyanné, déclarait alors "On est en train d'analyser juridiquement les sanctions mais il est clair qu'on sera en mode 'hibernation". Une hibernation qui ne concernera donc pas les entreprises états-uniennes protégées par la Maison Blanche. 

29/07/2019: Une cour de justice fédérale des Etats-Unis rejette l'appel de l'Etat vénézuélien introduit le 9 août 2018 (voir plus haut) dans l'affaire Crystallex. Ce faisant, elle autorise l'entreprise minière canadienne à se saisir des actifs de Citgo, la filiale de Pdvsa aux USA. Le gouvernement du Venezuela dénonce un vol et un manquement au droit international. Détail interessant: le 27 février 2019, Guaido a nommé un des avocats de Crystallex dans le jugement contre le Venezuela, Jose Ignacio Hernandez, "procureur spécial" pour son gouvernement fantoche. Cette affaire dans l'affaire Citgo montre que le Gang de Guaido n'est en réalité qu'un pion au service des multinationales et du gouvernement des Etats-Unis. Après avoir pillé Citgo pour leur propre compte, après l'avoir endetté illégalement, le Gang de Guaido est directement responsable de la cession de Citgo à une entreprise étrangère. 

05/08/2019: Le président des Etats-Unis, Donald Trump, impose par décret un embargo économique total contre le Venezuela. Tous les actifs du Venezuela, et de ses entreprises (dont Pdvsa, la Banque Centrale Vénézuélienne et Citgo) aux Etats-Unis sont congelées. Dans le cas de Citgo, cette mesure évite aussi que l'entreprise soit saisi par une corporation canadienne, Crystallex. Toutes les propriétés appartenant à des personnes privées sanctionnées par le Département du Trésor sont congelés. Cette mesure marque une évolution sans précédent dans le pillage du pays, et ne manquera pas d'avoir des conséquences sociales désastreuses pour la population. Au Venezuela, Juan Guaido s'est félicité de cette mesure qui asphyxie le Peuple vénézuélien. 

06/08/2019: Depuis la réunion du Groupe de Lima, le conseiller à la sécurité des Etats-Unis, John Bolton avertit d'un ton menaçant les entrepreneurs privés du monde entier: "Soit vous décidez de faire des affaires avec les Etats-Unis, soit vous les faites avec le Venezuela, je pense que n'importe quelle entreprise aux USA, en Europe et dans le monde se demandera si cela vaut la peine de mettre en péril ses affaires aux USA pour  un quelconque négoce avec le Venezuela". Il réaffirmera que grâce au décret émis la veille par le président Trump, "toutes les entreprises qui commercent avec le Venezuela seront passibles de poursuites" et de conclure "nous sommes en train de nous assurer que Maduro ne puisse plus se maintenir économiquement".  

07/08/2019: L'entreprise allemande Sedo, leader du marché numérique de noms de domaines, suspend toutes les pages web achetées par des clients vénézuéliens. Dans un communiqué, l'entreprise allemande se justifie: "Sedo n'offre plus aucun service à destination du Venezuela car le système financier des Etats-Unis considère ce pays à haut risque". A peine quelques heures après les déclarations mensongères de Trump, Bolton et Guaido assurant que l'embargo total ne toucherait pas la nourriture, les communications ou le service internet, l'action de Sedo a le mérite de démasquer la portée réelle des sanctions contre le Peuple vénézuélien. D'autres entreprises comme Amazon font déjà de même. Interrogé par l'agence AP, l'économiste Jeffrey Schott, du Peterson Institute of International Economics déclare, en se basant sur de mesures similaires dans d'autres pays, que "dans la pratique, il n'y aucune exception. Les entreprises ne se risquent pas á une sanction financière même si leur domaine est autorisé". 

 



07/08/2019 (bis): Un bateau qui faisait route vers le Venezuela avec 25.000 tonnes de farine animale destinée aux éleveurs vénézuéliens est arraisonné au Panama. 

08/08/2019: Lors d'une réunion publique, Juan Guaido lance au président démocratiquement élu de la République Bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro: "Si le Venezuela t'intéresse, va-t'en et les sanctions cesseront". Bel aveu sur la stratégie de l'opposition: être le pion locale de la politique étrangère des Etats-Unis. 

15/08/2019: A cause de l'embargo des Etats-Unis, la banque turque Ziraat Bank, une des plus grandes du pays, ferme le compte de la Banque Centrale du Venezuela (BCV). L'argent que la BCV possédait à la Ziraat Bank servait à réaliser des paiements en lire turque pour les importations de médicaments et de nourriture à destination du Venezuela. 

16/08/2019: La compagnie d'énergie chinoise China National Petroleum Corporation (CNPC), annule l'acheminement de 5 millions de barils de pétrole en provenance du Venezuela, par crainte des sanctions des Etats-Unis. L'annulation d'achats directs de pétrole vénézuélien par la CNPC est un coup dur pour l'économie du Venezuela. 

16/08/2019 (bis): Selon le Wall Street Journal, plusieurs banques étatsuniennes ont fermé les comptes et gelé les transactions des ONGs qui envoyaient des aliments et des médicaments au Venezuela. Malgré les rhétoriques de l'administration US et de ses valets vénézuéliens, l'embargo est bien total contre le Peuple Bolivarien. 

20/08/2019: A la demande de Juan Guaido, l'Assemblée Nationale, en outrage judiciaire et dont les décisions sont nulles et non avenues, désigne un conseil d'administration parallèle et illégitime pour l'entreprise publique Corporación Venezolana de Guyana (CVG). Cette entreprise est la plus importante du pays avec l'entreprise pétrolière Pdvsa. Elle a en charge l'exploitation et la transformation industrielle des minerais vénézuéliens. La CVG est un conglomérat de 22 entreprises de l'industrie lourde travaillant dans les domaines de l'aluminium, la bauxite, le fer, la sidérurgie, l'or et les minerais, le bois, la construction, l'énergie, les hauts fourneaux, etc. Cette manoeuvre de l'opposition vise à empêcher l'administration du secteur de l'industrie lourde par l'Etat vénézuélien ainsi que son financement. Deux des membres de ce conseil d'administration illégitime, Enrique Castells et Dich Souki, ont été accusés de corruption et de malversation de fonds dans les années antérieures au chavisme. 

22/08/2019: La Major League Baseball, l'organisation qui chapeaute le baseball professionnel aux Etats-Unis interdit formellement á tous les joueurs professionnels de base-ball évoluant aux USA de partir jouer pour un club du Venezuela. Raison invoquée: l'embargo mis en place par l'administration états-unienne. Pour rappel, le base-ball est le sport national du Venezuela, et les échanges de joueurs entre clubs des deux pays étaient monnaie courante. 

26/08/2019: Fedecamaras, la principale organisation patronale vénézuélienne (l'équivalent du Medef français), à travers son responsable local à La Guaira, 1er port du pays, déclare: "Dans le port de la Guaira, il y a quatre hangars pour stocker les aliments importés. Aujourd'hui, les importations d'aliments se sont tellement réduites qu'elles tiennent dans un seul de ces hangars". Le blocus visant à affamer le peuple produit ses effets. 

30/08/2019: Guaido tente de nommer son "procureur spécial" Jose Ignacio Hernandez, l'avocat de Crystallex contre l'Etat vénézuélien comme représentant du Venezuela au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (ICSID) de la Banque Mondiale. Cette nomination fut rejeté au prétexte qu'Hernandez n'a pas pu prouver que les personnes qui l'ont nommé á ce poste "exerce réellement le contrôle effectif du territoire et du gouvernement" au Venezuela. L'ICSID semble siffler la fin de la récréation pour le Gang de Guaido. Pendant ce temps là, le blocus continue. 

10/09/2019: Depuis Bruxelles, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour le Venezuela, Elliott Abrams, a demandé à l’Union Européenne d'imposer de nouvelles sanctions contre le Venezuela, afin de générer un «impact psychologique, politique et personnel» sur le Gouvernement vénézuélien. Abrams a par ailleurs détaillé que le but du "dialogue" entre l'opposition et le gouvernement, selon Washington, doit être la substitution du président Maduro par un pouvoir exécutif de transition. 

17/09/2019: Le Département du Trésor des Etats-Unis sanctionnent trois entrepreneurs colombiens ainsi que 16 entreprises privés. Leur crime ? Avoir exporté des aliments à destination du Venezuela. 

18/09/2019: Les comptes bancaires de l'ambassade de la République Bolivarienne du Venezuela en Suisse ont été brusquement fermé par la banque Crédit Suisse. Interpelé par un député de la Confédération Helvétique, le ministre des affaires étrangères de ce pays a répondu, en claire violation de l'article 25 de la Convention de Vienne, qu'il ne peut rien faire. Le responsable de l'agence bancaire à Berne a été contacté par l'ambassadeur vénézuélien. L'échange est surréaliste. A la question du pourquoi, le banquier répond "par instruction du gouvernement des Etats-Unis". Le diplomate bolivarien lui faisant remarquer qu'ils se trouvaient en Suisse et donc sous les lois de ce pays, le banquier rétorqua: "le gouvernement des Etats-Unis est le gouvernement du Monde". Les diplomates vénézuéliens en poste à Berne, mais aussi à Genève où siège l'ONU, ne seront plus payé jusqu'á nouvel ordre. 

18/09/2019 (bis): Selon le site OilPrice.com, spécialisé dans les marchés du pétrole et de l'énergie, "l'entreprise pétrolière vénézuélienne Pdvsa a du freiner sa production pétrolière car elle ne peut plus stocker plus de brut. Les clients habituels et les armateurs chargés du transport évitent d'acheter du pétrole vénézuélien en raison des sanctions des Etats-Unis". Selon Reuters, le niveau de brut stocké par le Venezuela de fin aout à la date de septembre 2019, faute de pouvoir le vendre ou le transporter,  s'élève à 38 millions de barils, soit 65% de la capacité maximum de stockage. Seul 3 clients majeurs continuent, selon l'agence états-unienne, de travailler avec Pdvsa. Ce qui a pour conséquence "de diminuer les rentrés en devises de Pdvsa, qui ne peut honorer le paiement de  ses sous-traitants, et donc affecte la production de pétrole". 

19/09/2019: L'entreprise financière Visa a arrêté son contrat avec la banque vénézuélienne privée Banco Occidental de Descuento (BOD). Le 12 septembre 2019, la Superintendance des Banques et autres Institutions Financières, organisme public de régulation et de surveillance du système banquier vénézuélien, avait placé cette banque sous contrôle administratif pour 120 jours. En raison du blocus des Etats-Unis, Visa ne fournira donc plus de cartes bancaires pour la BOD. 

20/09/2019: Les Ligues de Base-ball professionnel du Mexique, de Puerto Rico, et de la République Dominicaine se joigne au blocus sportif de la Mayor League Baseball des Etats-Unis décrété le 22 août 2019. Aucun joueur vénézuélien de base-ball ne pourra jouer dans ces pays, en raison des sanctions imposées par les Etats-Unis. 


Voilà, maintenant on peut parler du Venezuela et confronter les points de vue. 




Actualisation mensuelle. 


Lire aussi: Comprendre le blocus contre le Venezuela

Note :
(1) J’emprunte ces questions pour leur grande pertinence à Carlos Mendez Tovar, écrivain vénézuélien, interviewé par Viktor Dedaj au sujet du blocus contre….Cuba. 
Voir Viktor Dedaj, « Sin Embargo – Paroles cubaines contre le blocus », LeGrandSoir, disponible sur https://www.legrandsoir.info/IMG/pdf/sin_embargo_paroles_cubaines_viktor_dedaj.pdf